31 octobre – 08 novembre 2026
La programmation 2026 sera bientôt en ligne !

OUVREZ L’OEIL !
Vingt ans d’existence fêtés l’an dernier, vingtième édition cette année : le FiMé enchaîne les anniversaires. Pour l’occasion, il n’a pas retenu de thème unique, préférant donner à voir, en neuf jours, l’étendue de ce que le cinéma sait faire. Du burlesque le plus increvable au documentaire le plus expérimental, du tout premier long-métrage d’animation de l’histoire à la comédie sonore de Jacques Tati, ce sont huit rendez-vous, sur tout le territoire de la métropole, pour (re)découvrir de grands films sur des musiques d’aujourd’hui.
Les génies du burlesque, fidèles compagnons du festival, sont au rendez-vous : Buster Keaton, à la Salle Jean Moulin d’Ollioules, se rêve détective et passe littéralement de l’autre côté de l’écran dans Sherlock Junior, tandis qu’Harold Lloyd, au Six n’étoiles de Six-Fours-les-Plages, escalade la façade vertigineuse de Monte là-dessus !. Le cinéma s’y regarde lui-même, et il continue de le faire au Royal, à Toulon, avec L’homme à la caméra de Dziga Vertov : un poème documentaire sur une ville soviétique qui s’éveille, où la caméra — le fameux « ciné-œil » — devient le véritable personnage principal. En ouverture, au Liberté, c’est Tati qui donne le ton, un an après Les Vacances de Monsieur Hulot : avec Trafic, film en couleurs de 1971, Monsieur Hulot s’égare sur les routes d’Europe et le FiMé rappelle au passage que les musiques d’écran ne s’arrêtent pas au cinéma muet. Deux grands classiques disent enfin la puissance dramatique de cet art : La Foule de King Vidor, au Théâtre Marelios de La Valette-du-Var, chef-d’œuvre du muet qui broie un homme ordinaire dans l’anonymat de la grande ville, et Soy Cuba de Mikhaïl Kalatozov, au Théâtre Denis de Hyères, fresque à la virtuosité renversante, longtemps oubliée avant d’être ressuscitée par Scorsese et Coppola. La fin du parcours fait la part belle au dessin animé : à La Garde, au Théâtre L’Escale, Jean-François Zygel signe Fantaisies sur Walt Disney, récital cinématographique où il raconte au piano la naissance des studios ; et le festival se clôt à l’Espace des Arts du Pradet avec Les aventures du Prince Ahmed de Lotte Reiniger, tout premier long-métrage d’animation de l’histoire du cinéma, merveille de papiers découpés à savourer des plus petits aux plus grands.
Pour accompagner ces films venus d’horizons très divers, nous avons fait appel, comme chaque année, à des musiciens d’univers différents. Le trio lillois Temps Calme, que nous accueillons pour la première fois, ouvrira le bal sur Trafic, quelque part entre électronique, krautrock et pop psychédélique. Le pocket swing band Yoshiwara donnera à Keaton le rythme et le swing qu’appelle son génie comique, tandis que le guitariste William Guyard portera seul les acrobaties d’Harold Lloyd. Pour L’homme à la caméra, seule création de cette édition, Yaguara aux platines — de retour après 2024 — et Benoît Bottex aux synthés modulaires et à la clarinette basse plongeront la ville de Vertov dans un bain électronique. Le vibraphoniste Illya Amar habillera en solo l’aliénation urbaine de La Foule, quand les frères Litzler de la Compagnie SZ, spécialistes du ciné-concert, déploieront sur Soy Cuba leur post-rock tour à tour contemplatif et explosif. Moment attendu de cette édition, Jean-François Zygel improvisera en direct autour de l’univers Disney. Enfin, la Compagnie des Amis de FantomUs, que nous retrouvons avec plaisir, refermera le festival en duo, mêlant luths orientaux et électronique à la magie du Prince Ahmed.
Bon festival !